La nouvelle année, un sujet philosophique.

La bonne année.

Je commencerai en partageant une Poésie de Rosemonde Gérard.

Bonne année à toutes les choses, au monde, à la mer, aux forêts.

Bonne année à toutes les roses que l’hiver prépare en secret.

Bonne année à tous eux qui m’aiment et qui m’entendent ici-bas.

Et bonne année aussi, quand même, à tous ceux qui ne m’aiment pas.

Rosemonde Gérard

Le cérémonial des vœux.

Quand l’année nouvelle pointe, chacun se soumet au cérémonial des vœux. Parfois impersonnels avec la triade “santé-bonheur-réussite”, interminables puisque durant tout le mois de janvier nous pouvons nous satisfaire de ce rituel.

Nous nous souhaitons le meilleur et nous en profitons pour faire de même auprès de nos amis, familles, et la terre entière. La paix n’est jamais très loin.

Ceci n’est qu’un aperçu de nos désirs véritables mais chacun s’y prête à chaque fois, avec un enthousiasme ou un sentiment affligent d’obligation.

Qu’attendons nous de la nouvelle année ?

Pour commencer la nouvelle année, il faut terminer l’ancienne.

Les derniers mois précédant le passage du nouvel an, est le moment de faire le bilan de l’année écoulée, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. C’est l’heure de faire les comptes et de réaliser ce que nous avons mis en place lors de l’an passé. 

Qu’avons nous réalisé ? Qu’avons nous réussi, modifié dans nos comportements, nos actions ? Qu’avons nous vécu ? Sommes-nous davantage éclairés ?

En effet pour beaucoup d’entre nous, c’est l’heure du changement, des nouvelles résolutions avec une conscience toute neuve de nos désirs profonds et besoins.

Nos souhaits s’accompagnent invariablement de la bonne santé, car sans santé, nous ne pouvons penser correctement ni agir.

Tous les ans c’est la même litanie, nous attendons de l’invisible une aide et de nous-même les moyens d’agir au mieux pour trouver ou retrouver une tranquille confiance. Nous bannissons les horreurs et implorons ce début d’année, de nous guider vers un chemin de joie et d’abondance et de nous offrir de belles choses.

L’histoire du nouvel an.

Pour certaines contrées, le nouvel an diffère du 1er janvier. En Chine, la date est mobile, chaque année le Nouvel An a lieu entre le 21 janvier et le 20 février.

Notre jour de l’an, quant à nous, se calque sur la Rome antique. En 46 avant notre ère, l’empereur Jules César décide que le jour de l’an, auparavant célébré en mars, serait fixé le 1er janvier. 

Les romains dédient ce jour à Janus, qui se trouve être le Dieu des portes et des commencements : celui-ci avait deux faces, l’une tournée vers l’avant, l’autre vers l’arrière.  Ainsi, le mois de janvier doit également son nom à Janus.

Nous avons compris le message, le 1er janvier sera le seuil d’un renouveau rempli d’espoir.

L’idée de la nouvelle année. Qu’en pensent les enfants ?

De façon plus ludique nous avons échangé sur ce sujet lors d’un atelier philosophique. Qu’est ce qui se cache derrière ? Politesse, bienveillance, rituel, sincérité, hypocrisie ?

Voici quelques réflexions des élèves de CM1 et CM2 de l’école de Port Ariane.

Envie de faire le bien pour l’autre, faire preuve d’altruisme.

– Ça se fête car c’est important.

– Ça fait plaisir aux autres de souhaiter une bonne année. On fait du bien.

Nous souhaitons les vœux par plaisir, ça fait plaisir et on se fait plaisir.

– C’est une question d’attention, on donne de l’amour.

– On fait preuve de bienveillance, d’empathie.

– C’est un jour où on doit être gentil avec les autres, avoir de la compassion.

Nouvelle année, nouveau départ.

– C’est comme si on recommençait tout.

– Tout est remis à zéro.

– On refait ce que l’on n’a pas réussi.

Les Vœux d’Aline : ne plus se disputer, la paix , l’écologie

Le Nouvel an, des attentes mais aussi des croyances.

– C’est un jour d’espoir pour que les choses aillent mieux pour soi, sa famille, et le monde.

– On souhaite une bonne année car on espère que la nouvelle année se passe bien, 

– Ça porte chance de souhaiter une bonne année.

– La bonne année va avec la santé, on voit les choses de façon positive.

– On espère une meilleure année que l’année dernière.

Le nouvel an c’est aussi la joie de vivre

Le nouvel an, une habitude.

Pour certains enfants, présenter ses vœux est une question de politesse.

– C’est la tradition

Tout le monde le fait

C’est presque une obligation

– Un rituel.

Un nouvel an futuriste, la paix, le bonheur, l’écologie

Le nouvel an, des résolutions.

Pour beaucoup, la période nous incite à prendre de nouvelles résolutions.

on doit s’améliorer,

on va essayer de réparer les choses qui ont été mal faites.

C’est le moment pour réfléchir à ce que l’on va faire.

les voeux des enfants de CM2
Des souhaits en début d’année pour soi, les autres, le monde mais toujours la paix, la confiance, la gentillesse.

Pour terminer une belle pensée d’un participant, pour synthétiser et clôturer notre atelier : – Nous ne savons pas forcément comment elle va être. On vit l’instant présent.

Je ne peux que vous partager une citation d’Albert Camus.

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.« 

Albert Camus

Les enfants, des philosophes.

Qu’ils aient, neuf, dix, onze ans, leurs observations se rejoignent et appellent une réflexion sur notre propre soi. Ils savent faire la distinction entre ce que je veux pour moi, pour les autres, et le monde. Ils permettent de nous interroger sur l’essentiel et de l’importance de notre place dans le monde.

Les enfants philosophent spontanément. De leurs pensées émergent notre soif de nous accomplir. Notre désir à tous repose sur un idéal de l’être, vers une ouverture du cœur et de la reconnaissance de l’autre et de nous-même. 

Néanmoins ces petits penseurs restent lucides devant l’aspect social de l’événement : nous présentons nos vœux par obligation, parce que cela se fait, par tradition, parce que “nous sommes bien élevés”.

Nietzsche a fait de cette journée, l’occasion d’une philosophie. 

La nouvelle année et la pensée nietzschéenne ? 

En effet, c’est ce que propose un essai enjoué, intitulé simplement Nietzsche et le nouvel an.

Ce dernier a beaucoup écrit – pas seulement « à l’occasion » de la nouvelle année, mais bien « sur » l’idée même d’année nouvelle. 

https://rpdroit.com/2017/12/22/bonne-annee-une-philosophie/. et https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-la-philo/encore-une-bonne-annee-avec-nietzsche.

“Nietzsche parle tout au long de sa vie des noëls de sa jeunesse à son effondrement, à Turin, en 1889, un jour de janvier. « Ô toi Janvier le plus beau ! » écrit-il, à Gênes, en 1882.

La formule figure en exergue du livre 4 du Gai savoir, intitulé Sanctus Januarius. C’est là que naît, première pensée de l’année, le grand « oui » à la vie, « Amor fati” ou l’amour du destin, qui aide à mettre fin au désespoir et aux ressentiments nauséeux. 

Je veux, en n’importe quelle circonstance, n’être rien d’autre que quelqu’un qui dit oui.

Nietzsche.

Le jour de l’an, une exploration intrinsèque ?

Ainsi, ces rituels de nouvel an serait une réflexion sur le sens de la vie ? Une exploration intérieure et une invitation à penser et devenir ce que nous sommes. Ils nous amènent à réfléchir sur ce que nous avons réalisé, ce qui nous va, ce qui ne convient plus, à reconnaître nos émotions et notre place ?

Comment nous interroger ?

A chacun de répondre, que puis-je pour moi ?

Que puis-je faire de ce que j’apprends, de ce que je vis, de ce que je ressens ?

Finalement, le vœu ultime est peut-être de, « n’être rien d’autre que quelqu’un qui dit OUI à la vie. Nous devons laisser faire et devenir ce que nous devons être, embellir le monde par un regard libéré de de tout ce qui déprécie l’existence.”

En attendant, je vous souhaite une excellente nouvelle année avec ces coquelicots, symbole de la vie, de la plénitude et du bonheur.

coquelicots, symbole de la vie, de la plénitude et du bonheur.

Belle nouvelle année à tous.

 

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